Efim Geller : le théoricien qui a battu six champions du monde
- País
- 🇺🇦 URSS / Ukraine
- Título
- Grand Maître (GM)
- Nacimiento
- 8 mars 1925, Odessa (URSS, aujourd'hui Ukraine)
- Fallecimiento
- 17 novembre 1998
- Estado
- fallecido
- ELO máximo
- 2630 · 1970 (premier Elo FIDE)
À l’âge d’or des échecs soviétiques, entouré de champions du monde, Efim Geller s’est forgé une place à part : celle du grand théoricien, celui qui avait la mesure des meilleurs. Il ne fut jamais champion du monde, mais peu peuvent se targuer d’avoir battu autant de champions — dont Bobby Fischer — au cours d’une carrière de plusieurs décennies au sommet.
Qui était Geller
Il est né le 8 mars 1925 à Odessa (alors URSS, aujourd’hui Ukraine). Comme beaucoup de sa génération, sa jeunesse fut marquée par la Seconde Guerre mondiale. Il accéda relativement tard à l’élite échiquéenne, mais son ascension fut irrésistible : dans les années 1950, il était déjà l’un des meilleurs joueurs du monde et un habitué des Tournois des Candidats.
Le spécialiste des ouvertures
Ce qui distinguait Geller, c’était sa profondeur théorique. Il fut l’un des grands chercheurs d’ouvertures de l’histoire, avec des contributions fondamentales à la Défense Est-Indienne, la Najdorf sicilienne et le Gambit Dame. Beaucoup de ses idées restent d’actualité dans les échecs contemporains.
Son savoir était si respecté qu’il travailla comme entraîneur et second de plusieurs champions du monde, aidant à la préparation de Spassky et de Karpov. À une époque sans ordinateurs, la compréhension que Geller avait des positions dérivées de l’ouverture était une arme de premier ordre.
Le bourreau des champions
Le fait le plus stupéfiant de la carrière de Geller est son bilan face aux champions du monde. Il obtint un score positif ou équilibré contre Botvinnik, Smyslov, Petrossian et, surtout, contre Bobby Fischer, face à qui il maintint un avantage sur l’ensemble de leurs parties, ce que très peu de joueurs ont réussi.
Candidat au titre à six reprises, Geller fut toujours parmi les cinq ou six meilleurs du monde, mais ne réussit jamais à remporter le cycle des Candidats. Il dut affronter l’époque la plus forte de l’histoire : l’école soviétique à son apogée. Rester aussi haut aussi longtemps était déjà, en soi, un exploit.
Sa longévité fut remarquable : il remporta le très fort Championnat d’URSS en 1973, à 48 ans. Il mourut le 17 novembre 1998 à Moscou.
Son ADN échiquéen
Dans notre système d’ADN échiquéen, Geller représente le profil du stratège théoricien : agression combinée à une technique raffinée et une préparation d’ouverture exceptionnelle. Si votre jumeau GM est Geller, votre force réside dans le fait d’arriver à la partie avec une connaissance approfondie des positions et d’exploiter l’initiative gagnée dès l’ouverture ; votre jeu se construit sur l’étude et la compréhension.
Pour continuer à explorer
- Bobby Fischer, face à qui il maintint un avantage historique
- Boris Spassky, qu’il aida en tant qu’entraîneur
- Anatoly Karpov, un autre champion qu’il assista dans sa préparation
- Paul Keres, un autre grand candidat soviétique sans couronne
- Tous les joueurs
Preguntas frecuentes
Est-il vrai que Geller avait un bon bilan contre les champions du monde ?
Oui, et c'est l'une des choses les plus notables de sa carrière. Geller a obtenu un bilan positif ou équilibré face à plusieurs champions du monde de son époque, dont Botvinnik, Smyslov, Petrossian et, plus frappant encore, Bobby Fischer (contre qui il a maintenu un avantage sur l'ensemble de leurs parties). Très peu de joueurs dans l'histoire peuvent se targuer d'avoir eu la mesure d'autant de champions du monde au fil des années.
Pourquoi Geller est-il considéré comme l'un des grands théoriciens de l'ouverture ?
Geller fut un chercheur approfondi des ouvertures qui apporta des idées fondamentales dans des systèmes comme la Défense Est-Indienne, la Najdorf sicilienne et le Gambit Dame. Bon nombre de ses innovations restent valables aujourd'hui. Il fut en outre entraîneur et second de plusieurs champions du monde (il aida à la préparation de Spassky et de Karpov), ce qui donne une idée du respect que suscitait son savoir théorique au sein de l'élite. Sa compréhension des positions issues de l'ouverture était parmi les plus profondes de son époque.
Pourquoi Geller n'est-il jamais devenu champion du monde ?
Geller fut candidat au titre à plusieurs reprises (1953, 1956, 1962, 1965, 1968, 1971), toujours parmi les meilleurs du monde, mais il ne réussit jamais à remporter le cycle des Candidats pour disputer le match pour la couronne. Il dut affronter l'une des époques les plus fortes de l'histoire, avec l'école soviétique à son apogée : Botvinnik, Smyslov, Tal, Petrossian, Spassky… Le niveau était si élevé que figurer parmi les cinq ou six meilleurs du monde, comme le fit Geller pendant des décennies, était déjà un exploit.