La Partie Sempervirente (Evergreen) : Anderssen, 1852
FEN de la position actuelle
rnbqkbnr/pppppppp/8/8/8/8/PPPPPPPP/RNBQKBNR w KQkq - 0 1Si l’Immortelle est l’attaque la plus sauvage, la Sempervirente est la plus élégante. Anderssen lui-même l’a jouée un an plus tard, et elle se termine par une combinaison si aboutie que le premier champion du monde, Steinitz, l’a appelée evergreen : la partie qui ne se démode jamais. Ouvrez-la dans le lecteur ci-dessus.
Un gambit pour attaquer
Berlin, 1852. Anderssen ouvre avec un Gambit Evans, une version épicée de la Partie italienne : il cède un pion au quatrième coup pour prendre de l’avance dans le développement et ouvrir le centre. Pur esprit romantique : du matériel contre de l’initiative.
La combinaison qui l’a rendue éternelle
Pendant le milieu de partie, les deux camps attaquent en même temps — c’est une partie à double tranchant, pas une promenade. Mais au moment clé, Anderssen voit plus loin.
Regardez calmement les derniers coups dans le lecteur :
- Il donne une tour avec échec pour ouvrir la position du roi noir.
- Il sacrifie la dame en d7, attirant le roi dans un piège.
- Il donne mat avec les deux fous, qui visaient le roi depuis le début de la partie.
C’est la coordination parfaite : chaque pièce collabore, rien n’est superflu. C’est pourquoi on l’utilise pour enseigner les combinaisons : elle montre comment plusieurs menaces enchaînées (un sacrifice après l’autre) ne laissent pas à l’adversaire le temps de respirer.
L’idée à retenir : une combinaison est une séquence forcée. Chaque échec et chaque capture force la main de l’adversaire, jusqu’à ce que le mat apparaisse de lui-même.
Pour continuer à en profiter
- L’ouverture de l’attaque : la Partie italienne et son agressif Gambit Evans.
- La ressource clé de la conclusion : le sacrifice aux échecs.
- Les deux autres joyaux : la Partie Immortelle et la Partie de l’Opéra.
- Vous voulez voir plus de parties commentées ? Consultez la section analyse de parties.
Rejouez-la lentement et observez les deux fous depuis le début : ils regardent déjà le roi. Anderssen n’a eu qu’à leur ouvrir la porte.
Preguntas frecuentes
Qui a joué la Partie Sempervirente ?
Elle a été jouée par Adolf Anderssen (blancs) et Jean Dufresne (noirs) à Berlin, en 1852. Anderssen l'a conclue par une combinaison de mat si belle que le champion Wilhelm Steinitz l'a baptisée « sempervirente » (evergreen).
Pourquoi s'appelle-t-elle Sempervirente ou Evergreen ?
Parce que sa combinaison finale ne vieillit pas : c'est un exemple parfait de coordination entre dame, tours et fous pour tisser un filet de mat. Steinitz lui a donné ce nom en guise d'éloge.
Quelle ouverture a été jouée ?
Un Gambit Evans, une variante agressive de la Partie italienne dans laquelle les blancs cèdent un pion (4.b4) pour gagner du temps et attaquer le centre.